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MUSEUM AT RISK
Save the MUSEUM

Le secteur artistique anversois assigne la Communauté flamande en justice au sujet de l’avenir du M HKA

24 Septembre 2026 - 08h00 – Communiqué de presse

Sept galeries anversoises et deux organisations artistiques ont assigné la Communauté flamande en justice au sujet de la gestion du M HKA et de l’abandon du projet de nouveau bâtiment. Le 26 mai 2027, l’affaire sera plaidée devant le tribunal de première instance. Après des mois d’appels infructueux au dialogue et à la concertation, le recours au juge est apparu comme l’unique moyen de tenter encore de réorienter la situation.

De la décision politique à l’action en justice

L’assignation fait suite à un conflit de longue durée qui a commencé avec les annonces du 3 octobre 2025, par lesquelles la ministre de la Culture Caroline Gennez entendait redessiner le paysage muséal flamand. Au début du mois de janvier déjà, les galeries, avec Team Zuid et Museum at Risk, avaient adressé une mise en demeure au gouvernement flamand, restée sans réponse. Les parties demanderesses — Keteleer Gallery, Zeno X Gallery, Gallery Sofie Van De Velde, Tim Van Laere Gallery, Art Gallery Rik Rosseels, Ibasho Gallery et Camera Work, ainsi que les ASBL Team Zuid et Museum at Risk — estiment que l’arrêt du projet de nouveau bâtiment et la réforme muséale ont été mis en œuvre avec négligence et en violation de la loi. Des organisations qui, pendant des années, se sont fondées de bonne foi sur la politique annoncée précédemment se retrouvent ainsi abandonnées.

Les objections confirmées par l’Inspection des finances

Les demandeurs soutiennent en outre que les décisions sont contraires aux principes fondamentaux de bonne administration. Ils se réfèrent à cet égard aux deux avis négatifs du Corps interfédéral de l’Inspection des finances, qui jugent les plans financièrement infondés. Selon l’Inspection, l’abandon du projet de nouveau bâtiment ne permet même pas de réaliser des économies : le budget de construction de 130 millions d’euros est tout simplement réparti entre les différents partis de la majorité. En outre, l’impact budgétaire de la réforme muséale aurait lui aussi été évalué de manière incomplète et trop optimiste par l’Inspection.

Une nouvelle direction sans perspective d’avenir

Entre-temps, le M HKA a lancé cette semaine le recrutement d’un directeur général et d’un directeur artistique, deux fonctions distinctes. Mais, pour cette future direction, il est totalement incertain de savoir ce qu’il restera après 2028, à l’issue du projet de transition en cours. Dans le récent « Plan d’approche », le M HKA a été placé, comme seul musée, dans un parcours distinct, sans garantie de maintien de sa fonction muséale, sans cadre clair et sans critères permettant d’évaluer ce parcours. Selon les demandeurs, rien ne garantit donc que le M HKA sera encore un musée à part entière après 2028, et encore moins un acteur international.

De l’art dans un bâtiment inadéquat

En abandonnant la « politique arrêtée » concernant le nouveau bâtiment, pour lequel un projet existait déjà, le musée reste dans un bâtiment vétuste « qui ne répond pas aux conditions requises pour accueillir des œuvres d’art ». De plus, ces dernières années, des améliorations et travaux d’entretien nécessaires, mais coûteux, ont été reportés dans la perspective de la construction promise et décidée du nouveau bâtiment. Les parties soulignent qu’une infrastructure adéquate constitue une condition fondamentale pour un musée d’art contemporain ayant une ambition internationale. Anvers, ville d’art reconnue à l’international, dotée d’une académie, d’une tradition avant-gardiste, de collectionneurs et d’une scène de galeries dynamique, risque ainsi de perdre un maillon essentiel de son écosystème culturel. La crainte d’un démantèlement de fait du musée reste bien réelle.


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