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MUSEUM AT RISK
Save the MUSEUM

Le M HKA en résistance : le musée et Museum at Risk exigent l’arrêt du démantèlement « illégal »

6 Janvier 2026 - 23h12 – Mission

Le Musée d’Art Contemporain d’Anvers (M HKA) se bat pour sa survie. Après l’annonce soudaine de la ministre flamande de la Culture, Caroline Gennez (Vooruit), de supprimer le statut muséal du M HKA et de transférer sa collection au S.M.A.K. à Gand, le musée – soutenu par des artistes renommés, des juristes et des directeurs de musées internationaux – a obtenu, avec Museum at Risk, un avis juridique qualifiant ces plans de « flagrantement illégaux ». Selon cet avis, rédigé par l’avocat honoraire Leo Neels (Allen & Overy), la note conceptuelle de Gennez viole des principes fondamentaux de bonne gouvernance, tels que le principe de confiance légitime, le droit de destination des artistes et l’obligation de concertation.

Anvers – Le Musée d’Art Contemporain d’Anvers (M HKA), aux côtés de Museum at Risk, a organisé aujourd’hui une conférence de presse très suivie pour exposer les objections juridiques et morales aux plans de la ministre flamande de la Culture, Caroline Gennez (Vooruit). Étaient présents non seulement le directeur par intérim Dieter Vankeirsbilck et l’avocat honoraire Leo Neels, mais aussi des représentants de Museum at Risk, parmi lesquels les artistes Luc Tuymans, Rinus Van de Velde et le galeriste Frank Demaegd. Le message était clair : la transformation du M HKA en centre d’art et le transfert forcé de sa collection vers le S.M.A.K. à Gand sont « flagrantement illégaux » et constituent une menace directe pour l’autonomie culturelle et le patrimoine artistique d’Anvers.

Manquements juridiques et absence de concertation

Selon l’analyse juridique de l’avocat honoraire Leo Neels (Allen & Overy), la note conceptuelle de Gennez enfreint les principes fondamentaux de bonne administration. Ce document, conçu comme un texte de consultation, est traité par la ministre comme une décision arrêtée – sans réelle participation du secteur. « La ministre passe de la note conceptuelle à des conclusions acquises, ce qui est contraire à l’idée de bonne gouvernance », déclare Neels. De plus, le droit de destination des artistes est bafoué : 70 % de la collection du M HKA est composée de dons et d’œuvres juridiquement liés à Anvers ou au musée lui-même. « Les œuvres d’art ne peuvent pas être simplement déplacées vers un autre lieu », souligne Neels.

Des artistes menacent de retirer leurs œuvres

Plusieurs artistes internationaux de renom ont déjà menacé de retirer leurs œuvres si elles étaient sorties du contexte du M HKA. Parmi eux figurent Anish Kapoor, les ayants droit de Christian Boltanski (via Annette Messager), Kerry James Marshall, Marina Abramović, Emilia Kabakov (du duo Ilya & Emilia Kabakov) et James Turrell. Ces artistes soulignent que leurs œuvres sont spécifiquement liées au M HKA et ne peuvent pas être simplement transférées ailleurs. « Ma toute première exposition solo a eu lieu au M HKA. Que le musée soit réduit à un centre d’art sans collection propre me frappe comme un coup de massue », a déclaré Otobong Nkanga dans un message vidéo.

Indignation internationale

Les plans de Gennez ont suscité une indignation mondiale. Plus de quarante directeurs de musées, dont ceux du Centre Pompidou, de la Tate Modern et du Rijksmuseum, ont écrit une lettre ouverte à la ministre : « La fermeture d’un musée comme le M HKA représenterait une perte irréparable – non seulement pour Anvers, mais pour l’ensemble du monde culturel. » Des médias internationaux comme The Guardian et The Art Newspaper ont qualifié cette décision de « simply insane » et mis en garde contre un précédent dangereux pour les politiques culturelles en Europe.

Exigences : report et transparence

Le M HKA et Museum at Risk exigent que le gouvernement flamand reporte la décision prévue pour le 9 janvier. « Nous ne demandons pas un blocage de la politique, mais une réflexion », déclare Vankeirsbilck. Le secteur réclame des audiences parlementaires, un dialogue transparent et une révision de la note conceptuelle – avant que des décisions irréversibles ne soient prises.

Réaction de la ministre : « Ouverte au dialogue »

La ministre Gennez reconnaît les « difficultés et inquiétudes », mais maintient sa position : « Un processus de transition de deux ans va bientôt commencer, auquel tous les acteurs pourront participer. » Les critiques soulignent que cela arrive trop tard : « La concertation doit avoir lieu avant que les lignes ne soient tracées, pas après. »

Qu’est-ce qui est en jeu ?

L’avenir du M HKA n’est pas seulement une question antverpoise ou flamande, mais un enjeu démocratique européen. La Belgique va-t-elle permettre qu’un musée internationalement respecté soit démantelé sans transparence ni participation ? Et quelles seront les conséquences pour l’autonomie des institutions culturelles dans une ère d’austérité et d’ingérence politique ?

Le M HKA et Museum at Risk appellent donc à un soutien massif et à une pression publique pour reporter la décision.

« La fermeture du M HKA n’est pas seulement un drame culturel, mais un échec démocratique. Si nous n’agissons pas maintenant, l’indépendance de toutes les institutions culturelles sera menacée. »
— Luc Tuymans, artiste et allié de Museum at Risk


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